lundi 10 décembre 2012

Un élément du problème de l'emploi au Maroc


La population en âge d'activité compose une constituante permanente de la problématique de l'emploi au Maroc, a attesté, mercredi à Casablanca, le Haut commissaire au Plan, Ahmed Lahlimi.
D'ici 2030, la population des moins de 15 ans continuerait à baisser en rapport (de 27,5% en 2010 à 20,9% en 2030), tout en restant en volume aux environs de 8 millions (8,8 millions en 2010 et 7,9 millions en 2030), a-t-il indiqué lors d'une conférence de presse sur la situation de l'emploi et du chômage au Maroc et ses caractéristiques structurels et politiques dans une situation de transition.
Quant à la relation des personnes âgées de 60 ans et plus, elle devrait augmenter de 8,3% à 15,4% durant cette période, passant de 2,6 à 5,8 millions de personnes, a-t-il énoncé.
Par ailleurs, la population en âge d'activité de 15-59 ans est dénommée à s'accroitre de 190 mille personnes par an d'ici 2030, passant de 20,4 millions en 2010 à 21,7 millions en 2015, à 22,7 millions en 2020 pour atteindre 24,2 millions à l'horizon 2030, a-t-il noté, ajoutant que son poids accéderait son plafond historique vers 2018 avec 65% avant de diminuer légèrement à 64% estimé pour 2030.
Lahlimi a fait savoir que la population active de 15 ans et plus, sous l'hypothèse du maintien du taux d'activité à son niveau de 2010, devrait atteindre 14,9 millions en 2030, enregistrant une augmentation moyenne annuelle de 173 mille actifs entre 2010 et 2030.
Sous une autre convention où le taux d'activité renoue avec son niveau de 1999 (pour atteindre 54,5% en 2020), cette augmentation serait de 248 mille actifs par an, a-t-il estimé.
Comparé à la moyenne de 156 mille offres emplois crées annuellement par l'économie marocaine au cours de la décennie passée, le Maroc devrait, pour garder la quantité du chômage à son niveau actuel, inciter les entreprises à faire plusieurs annonces offres d'emploi afin de créer 17 mille postes par an dans la première hypothèse et de 92 mille dans la deuxième, a ajouté Lahlimi.
Dans le premier cas, du fait que le taux d'activité reste constant, la présentation du taux de croissance économique actuelle de 4,8% par an pourrait dissoudre la requête additionnelle d’offre d'emploi d'ici 2030 et le taux de chômage serait de 7,1% en conséquence, a-t-il expliqué, soulignant que dans le deuxième cas, en revanche, le taux de croissance économique devrait se placer à près de 6,5% avec un taux de chômage de l'ordre de 6,7%.
Evoquant la transition démographique, il a noté qu'elle se définit par la réduction de la mortalité avec un accroissement de l'espérance de vie (de 47 ans en 1962 à 74,8 ans en 2010) et un amoindrissement consécutif de la fécondité.
Passant, au cours de la même période, de 7,2 à 2,19 enfants par femme, le Maroc enregistre, ainsi, le niveau de fécondité que connaissent des pays comme la France et la Tunisie, a-t-il affirmé.
La proportion de la population de moins de 15 ans est excédée de 42,2% en 1982, à 27,5% en 2010, tout en se maintenant en volume aux environs de huit millions (8,6 millions en 1982 et 8,8 en 2010), a-t-il noté, augmentant que la proportion de la population âgée de 60 ans et plus est passée de 6,4% à 8,3% (1,3 millions et 2,6).
Au regard de la pression sur le marché de l’emploi au Maroc, la population en âge d'activité (15-59 ans) est marquée par un taux d'accroissement annuel moyen de 2,4% (contre 1,6% pour l'ensemble de la population), un doublement de son effectif de 10,5 en 1982 à 20,4 millions en 2010 et un accroissement moyen annuel de 354 mille personnes, soustraction faite de la partie émigrée, estimée pour cette catégorie de la population à 88 mille personnes en 2010, a-t-il souligné.


Le Haut commissaire au Plan a fait distingué qu'après la crise de l'endettement et la difficile période d'ajustement structurel, le Maroc, après avoir restitué ses équilibres macroéconomiques, a opéré une série de progrès structurels pour mettre à niveau le cadre juridique et institutionnel de l'entreprise et faire face à une demande sociale croissante.
Initié au cours des années 90, ce processus a connu une élévation au cours de la première décennie de l'an 2000 entretenue par une ouverture politique et une détermination certifiée d'ouvrir une ère de progrès sociétal, a-t-il précisé.
En synergie avec les opportunités de la mondialisation et la valeur ajoutée de coopérations et d'accords de libre-échange, qu'offre l'option d'un régionalisme ouvert, la politique de libéralisation et d'ouverture économiques, a été redynamisée, a-t-il signalé.
Concernant le modèle de croissance, qui a avantagé au cours de cette première décennie, Lahlimi a affirmé qu'il a été marqué par cette triple dimension de gestion de la double transition démographique et économique et éclaire, dans une certaine mesure, le niveau et la qualité de l’offre d'emploi créée.
De ce fait, il a constitué une véritable rupture avec le modèle de développement antérieur particulièrement marqué par les stigmates d'une économie managée et largement protégée, a-t-il fait savoir.
L'expression de cette rupture se lit en particulier dans les nouvelles prouesses en termes d'investissement, de croissance économique et de développement humain, a-t-il noté, ajoutant que durant cette décennie, l'investissement a été multiplié par plus de deux fois.
Ainsi, le taux d'investissement est passé de 24,8% en 1999 à 34,1% en 2010 et la croissance économique est passée de 2,2% pendant la décennie 90 à 4,8%.
Le taux de chômage national, pendant longtemps raide à la baisse, a fléchi, de près de 5 points de pourcentage, a souligné Lahlimi, précisant que l'emploi, constitué pour une grande part d'emploi non-qualifié, est resté dans la particularité des non diplômés dont ils occupent encore 2 postes sur 3 (66,6% contre 73,3% durant la période 1999-2009).
Il a indiqué que la précellence de l'emploi de faible qualification renvoie à la structure de l'économie nationale et au niveau de productivité de ses constituantes sectorielles, soulignant que le progrès de la croissance n'a pas été accompagnée par un changement notable des structures économiques, en faveur des activités à haut contenu technologique.
Les secteurs de l'agriculture, du bâtiment et travaux publics (BTP) et des services, qui collaborent pour 80% à la valeur ajoutée totale, continuent d'être les principaux moteurs de la croissance économique, a-t-il affirmé, ajoutant que leurs croissances durant la décennie 2000 ont atteint respectivement 5,8%, 7,2% et 5%, alors que celle du secteur industriel n'a pas dépassé 3%.
Cependant, ces secteurs se différencient par la faiblesse de leurs multiplicateurs d'emploi, et notamment d'emploi qualifié, a-t-il souligné, ajoutant qu'avec une création de 10 offres d’emploi directs, l'agriculture ne crée que 2 emplois indirects, le Bâtiment et travaux publics 2 et les services 3.
Le Haut commissaire au Plan a noté que le Maroc s'inscrit sur la voie d'un nouveau dynamisme de consolidation de la compétitivité globale de son économie et de son insertion qualitativement plus avancée dans les chaines de valeurs internationales dans le contexte de la nouvelle ère de la mondialisation.
Les projets mis en œuvre dans les domaines de l'énergie renouvelable et de l'industrie, notamment celle où le Maroc possède des privilèges comparatifs certains comme les industries de l'automobile, de l'aéronautique, des industries métallurgiques, des industries chimiques et de l'agro-industrie, sont annonciatrices de cette nouvelle inflexion du modèle de croissance, a-t-il affirmé.
Cette nouvelle page de l'histoire nationale devrait également s'ouvrir sur une production appropriée des ressources humaines en vue de résorber les déficits, relevés en particulier dans le système d'enseignement et de formation, pour amoindrir notamment, les divergences en matière d'accessibilité au savoir dès les premiers niveaux de l'apprentissage,  et de permettre aux jeunes de bien mener leur recherche d’emploi, a-t-il conclu.


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